Pasajes

Ils étaient à l'origine de simples villages de pêcheurs

Les deux populations historiques qui forment la commune de Pasaia sont les villages de San Pedro et Donibane (en castillan San Juan), nées sur les rives opposées à l’entrée du port de Pasaia. Ils étaient à l’origine de simples villages de pêcheurs et pilotes marins. Ses noms sont dus aux invocations de leurs églises paroissiales respectives.

L’estuaire de Pasaia était connu à l’origine comme Port ou ria d’Oiarso, ancien nom de la vallée et de la rivière qui aboutissent à cette dernière, qui est actuellement appelée Oyarzun (Oiartzun en euskara). Le nom de Pasage apparaît à la fin du xve siècle pour se référer à la ria. Il existe deux théories à ce sujet. Une fait référence au fait que le nom provient d’un impôt appelé Pasage qui devait être payé là, tandis qu’une autre théorie (qui est plus répandue) dit que le nom de Pasage se réfère à l’étroite embouchure permettant l’accès au port. En tout cas le nom était à l’origine singulier, le Pasage.

Le nom basque de la commune Pasaia est traduisible en castillan comme le passage et a conservé le caractère singulier du terme. L’utilisation du pluriel est relativement récente et il s’est probablement produit durant le xixe siècle quand on créera une commune qui groupe les populations de San Pedro et Donibane, c’est-à-dire, au Pasaje de San Juan et au Pasaje de San Pedro, moment où elle commence à parler des Pasaia.

Les habitants de Pasaia reçoivent le nom générique de pasaitarrak en basque (parfois pasaitarras en castillan). Toutefois, chaque secteur a aussi un gentilé particulier ; ceux de San Pedro sont appelés sanpedrotarrak (sampedrotarras), ceux de Donibane sont appelés donibanetarrak (sanjuandarras), par ceux de Pasai Antxo, antxotarrak (anchotarras) (même s’ils utilisent aussi indistinctement celui de pasaitarrak) et ceux de Trintxerpe, trintxerpetarrak (trincherpetarras).

Appartenant à l'origine à la région de la Vallée d'Oiarso

Pendant des siècles, le bras de mer a fait l’objet de conflits entre les localités riveraines pour son contrôle. Appartenant à l’origine à la région de la Vallée d’Oiarso (agglomérations à Orereta, Elizalde, Alcibar et Iturrioz), qui sont maintenant les municipalités de Errenteria et Oiartzun, la ville de Saint-Sébastien a obtenu la compétence sur l’estuaire en 1180. En 1203, quand le roi Alfonse VIII2 crée la ville de Fontarrabie, la Ría de Pasage est transformée à la frontière entre les deux juridictions. Le bord oriental reste entre les mains de Fontarrabie, y compris les villages de Donibane et Lezo, tandis que le bord occidental continue à appartenir à Saint-Sébastien, y compris San Pedro. Postérieurement, la situation se complique encore plus, Errenteria ayant le statut de villa (grande maison) en 1320.

Le village de Donibane a obtenu définitivement le titre de villa en 1770, se séparant ainsi de Fontarrabie, après trois années de procès.

En 1777, le jeune marquis de La Fayette est parti du port de Pasaia en direction des États-Unis, avant de devenir une des figures importantes de la Révolution américaine. Un autre visiteur illustre qui a rendu compte de son séjour à Pasaia a été Gaspar Melchor de Jovellanos, qui l’a visitée en 1791. En 1794, pendant la Guerre de la Convention4, Pasaia a été pris par les troupes françaises, devant l’avance de laquelle s’est enfuie la population. Toutefois, Donibane n’a pas été brûlé, raison pour laquelle on conserve son patrimoine intact.

En 1805, le roi Charles IV5 décrète la réorganisation administrative du port de Pasaia. Il met tout le port et l’aber sous la juridiction d’un capitaine de port et unifie tout le territoire du port sous une seule juridiction administrative locale. Pour cela, il sépare le quartier de San Pedro de Saint-Sébastien et le rattache à la ville de Donibane. La nouvelle ville est appelée Pasajes. On fixe aussi les limites de la nouvelle ville sous la juridiction de laquelle elle reste pour tout le périmètre de l’aber.

En 1808, Pasaia a été de nouveau occupée par les troupes françaises. Le nouveau roi, Joseph Bonaparte6, a décrété en 1809 la suspension de la séparation de San Pedro, qui a appartenu de nouveau à Saint-Sébastien, retournant ainsi à la situation antérieure à 1805. En 1813, après le renversement de ce roi, on revient à la situation de 1805 en rattachant définitivement San Pedro à Pasaia.

Patrimoine

Patrimoine civil

Outre les temples religieux, il y a certains bâtiments civils remarquables dans la Donibane Kalea. Parmi eux figurent :

  • le n°29 (la Casa Cámara) : une maison de construction rectangulaire, étroite et profonde qui se démarque des autres ;
  • la Casa Gaviria : plus connue sous le nom de Casa de Victor Hugo, où le célèbre auteur français a résidé quelque temps en 1843. Victor Hugo a immortalisé son séjour dans les terres basques dans son livre Alpes et Pyrénées.

D’autres bâtiments importants sont le :

  • Palacio de Villaviciosa : de style Renaissance du XVIe siècle ;
  • Le Palacio de Arizabala : de style baroque ;
  • Dans la Plaza Santiago : se situe la mairie de Pasaia (ancienne mairie de Donibane).

Une mention spéciale pour les ruines des anciennes défenses du port de Pasaia. Depuis Donibane, il peut être continué par une promenade qui touche la sortie du port jusqu’à arriver aux ruines du Fuerte de Santa Isabel qui défendait l’entrée du port. Ce fort a été en fonctionnement depuis 1621 jusqu’à 1867. Sur le flanc du mont Jaizkibel et celui du mont Ulía, on conserve des restes de fortifications et autres éléments de défense.

Patrimoine religieux

  • Église Paroissiale de San Juan Bautista : à Donibane. Les travaux de cette église ont commencé au XVIe siècle et ont fini en 1643 quand il a été ouvert au culte. Il mélange le style baroque et le néoclassique. À l’intérieur le remarquable retable baroque, œuvre de Sebastián Lecuona et les tailles de Felipe Arizmendi.
  • Le Humilladero de la Piedad : se trouve sur la place de la Piedad, un calvaire bâti au XVIe siècle sur une construction précédente construction. À l’intérieur on garde une image de Nuestra Señora de la Piedad et un lapidaire commémoratif de la participation des pasaitarras dans la Bataille de Roncevaux, Orreaga en basque).
  • L’Ermita del Santo Cristo de la Bonanza : à la fin de la Donibane kalea (rue de Saint Jean). C’est un ermitage marin de style baroque construit au XVIIIe siècle.
  • L’Iglesia Parroquial de San Pedro : terminée en 1774 et qui a remplacé l’ancienne paroisse, qui occupe le lieu de l’actuel cimetière et dont les restes sont les plus anciens de ce quartier.

Personnalités liées à la commune

  • Mikel Laboa (1934-2008), chanteur, l’un des pères de la nouvelle chanson basque. Né et décédé à Saint Sébastien mais figure emblématique de Pasai.
  • Mikel Astarloza, cycliste professionnel, est natif de San Pedro (1979).
  • Paco Rabanne, le fameux et excentrique tailleur, est né à Trintxerpe (San Pedro) en 1934. La traînière de son village porte son nom en hommage.
  • José Sebastián Laboa Gallego (1923-2002), Monseigneur Laboa, natif de Pasai Donibane, fut un remarquable diplomate du Vatican. Était précisément nonce au Panama lorsque survint l’incident dans lequel le général Noriega chercha l’asile dans la nonciature.
  • Isidro Lángara (1912-1992), footballeur natif de Pasaia-Antxo. Fut un grand gardien du football espagnol dans les années 1930. Joua principalement au Real Oviedo.
  • C’est aussi là que Victor Hugo a vécu en 1843, lieu dont il s’inspire dans son livre Alpes et Pyrénées où il dira « Ce lieu inédit qui est un des plus beaux que j’ai vus et qu’aucun touriste ne visite, cet humble coin de terre et d’eau qui serait admiré s’il était en Suisse et célèbre s’il était en Italie, et qui est inconnu parce qu’il est en Guipuzcoa, ce petit éden rayonnant où j’arrivais par hasard, et sans savoir où j’étais, s’appelle en espagnol Pasaia et en français le Passage ».
  • C’est à Pasaia que La Fayette a embarqué le 26 avril 1777 à bord de La Victoire pour son premier séjour en Amérique.
  • BBlas de Lezo (1689-1741), le meilleur amiral de la marine espagnole au XVIIIe siècle.