Dans Pour commencer encore, Georges Didi-Huberman revient sur l’invitation de Paul Celan : « Passez… passez… ». Passer, écrit-il, c’est « faire le pas », cheminer, suivre ses propres « lignes d’erre » ou de désir et, pour cela, franchir les lignes de pouvoir. Une invitation à se déplacer, mais aussi à se soustraire aux trajectoires assignées.
Une pensée qui trouve un écho particulier dans le travail de Lou Chavepayre. Les contraintes n’y sont ni contournées ni effacées : elles participent aux formes mêmes que prend son travail, sans jamais en déterminer la direction. Une main qui échappe à ce qu’on lui demande, un œil qui trace un trait là où la main ne peut plus – de ces gestes déplacés naît un espace où s’invente une trajectoire qui n’appartient qu’à elle.
Visuel : Lou Chavepayre, Lignes d’erre #2, photographie, encres pigmentaires sur papier coton, 2020, 30×30 cm.
©Lou Chavepayre
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